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d'Espagne sur laquelle on a fait embarquer ladite esquipage, que les vaisseaux hollandois sont fort en de'sordre plus que les Espagnols qui recoivent beaucoup d'injures de ces premiers, qui leur font de grands reproches de n'avoir pas fait tout leur devoir. Et qu'il y avoit peu de choses dans Saragousse pour raccommoder leurs vaisseaux, et que l'on avoit despeché a Palerme scavoir s'ils y trouveroyent de quoy; sinon qu'il falloit que ladite armée allast ailleurs et y attendre le secours des 12 vaisseaux hollandois que le fils de Ruyter ou autre luy doit ammener de Cadis, sans lequel secours l'on asseure que les Hollandois ne demeureut plus longtemps avec les Espagnols dans ces mers. Ce matelot asseure que dans ce dernier combat 1'amiral Ruiter a eu une partie du pied emporté d'un boulet de canon et une jambe cassée et un esclat par la teste.

Je receus a Augouste une lettre de M. le duc de Vivonne qui avoit eu avis de nostre combat: il désiroit que l'armée allast a Messine pour y résoudre ce qu'il falloit faire sur les nouveaux ordres de S. M. venus par le major qui estoit enfin arrivé après avoir eombattu et couru risque d'estre pris sur un mechant petit vasseau de nouveau et acheté pour bon a Marseille lequel ne vaut pas seulement pour faire un brulot, n'allant nullement bien a la voile.

Cet ordre de M. le duc de Vivonne et la nécessité de nous radouber et partager le peu de poudres et de boulets apportez par la fluste et prendre les vivres heureusement arrivées de Toulon, dont deux des vaisseaux qui en estoyent chargés estoyent a Messine, et ce qui restoit aux magasins pour aider a nous remettre en mer, ainsy pour ne pas perdre de temps je mis a la voile le 29* au matin d'un vent favorable avec toute l'armée et avant que de faire la route de Messine je mis l'armée en bataille et nous approchasmes fort de Saragouse, dans lequel l'on nous avoit persuadé cy-devant qu'il ne pouvoit entrer de gros vaisseau. Cependant nous eusmes le loisir et le plaisir de voir leur armée réduite dans ce port, dans le temps que' nous tenions la mer et paroissions a leurs peuples pendant qu'on les vouloit persuader que nous estions tous d'effaits. II faut avouer que pour cela j'ay un peu fatigué l'armée, notament ceux qui ont remorqué les plus maltraittés, pour leur avoir fait tenir la mer après le combat, et mesme la plus grande partie des capitaines se plaignoyent de n'avoir que trés peu de poudres et encore moins de boulets, mais j'ay cru qu'il falloit risquer dans ce rencontre et n'épargner pas la fatigne pour nous faire revoir aux ennemis pour la troisième fois. J'estime que cette action plaira au Roy qui aime la gloire de sa marine, et mesme sy S. M. regarde que 30 de ses vaisseaux de guerre sous un pavillon de viceamiral ont esté attaqués et ont battu un plus grand nombre de vaisseaux ennemis espagnols et hollandois sous deux pavillons d'amiraux et autres inférieurs qui ont tout risqué le lendemain du combat pour

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