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avec 1'Autriche, guerre avec la France. Or, les études et les préparatifs^ de 1'Allemagne pendant ces dernières années, auraient dü ouvrir les yeux aux autres puissances d'Euvope, et leur dire que ce pays de mauvaise foi manigangait de nouveau quelque chose a sa manière, comme c'était réellement le cas% mais leurs craintes et leurs méfiances, quelquefois mises en éveil, ont pu être endormies chaque fois sous les hypo'crites protestations pacifiques de Guillaume. Entretemps 1'Allemagne travaillait a 1'ombre, sans relache, s'armait jusqu'aux dents, préparait en silence tous ces engins barbares que nous avons vus a 1'oeuvre depuis lors, pour tomber ensuite a 1'improviste sur son adversaire, comme le brigand attend le soir 1'inoffensif passant au coin d'une rue et le terrasse avant qu'il ait eu le temps de se mettre en garde. Car toute la fagon cle guerroyer des allemands sent le brigandage: depuis' le lache ultimatum nous laissant a peine quelques heures de nuit, heures tragiques, pour délibérer, jusqu'aux Zeppelins ne servant qu'a tuer femmes et enfants, aux sous-marins coulant en pleine mer des navires die commerce sans défense et portant des centaines de passagers non-combattants, tels que le "Lusitania" et d'autres, aux gaz asphyxiants, aux jets de liquides inflammables, aux balles dum-dum, etc, tous moyens plus barbares les uns que les autres, et qui dépeignent parfaitement le caractère du teuton. C'est avec ces moyens-la, que toute THumanité réprouve, que 1'Empereur des barbares a cru pouvoir surprendre ses adversaires, car il fallait surprendre la France et la Russie, et ne pas leur laisser le temps de respirer. Le coup était parfaitement prémédité, et nous en trouvons la preuve dans le Livre du Général von Bernhardi,, 'L'Allemagne et la prochaine guerre," qui était devenu le credo de rAllemagne, mais que moi je qualifierais volontiers d'acte d'accusation contre 1'Allemagne; nous lisons dans cetouvrage criminel, sur lequel j'aurai 1'occasion de revenir, cette déclaration:

"D'une fagon ou de 1'autre, il faut que nous réglions nos "comptes avec la P'rance pour avoir les mains libres dans "notre politique mondiale. C'est la première condition et la "condition indispensable d'une saine politique allemande et "puisque 1'hostilité frangaise ne peut être éliminée une fois "pour toutes a 1'amiable, eh bien! que cela se fasse par la "force des armes. II nous faut abattre la France de telle sorte "qu'elle ne puisse jamais plus nous barrer le chemin."

L'aveu est brutal et dénué de tout artifice, mais si 1'on se dit que le livre du Général von Bernhardi a été écrit en 1913, donc un an avant la guerre, on acquiert la certitude que 1' Allemagne voulait cette guerre, coüte que coüte, et que si un prétexte ne se présentait pas promptement, on en aurait cherché ou provoqué un; von Bernhardi dit en effet encore, après avoir rappelé les guerres antérieures de son pays:

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