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souffrir la faim et les privations plutót que de travailler pour les ennemis de leur pays, si oe n'est pas piar pur et noble patriotisme! Allez donc demander a nos jeunes et vaillants soldats qui, depuis deux ans, défendent le dernier lam beau de terre Beige le long de 1'Yser, pourquoi ils sont prêts a mourir dans 1'apothéose de la gloire, si ce n'est par noble et sublime patri^tisme.

J'avais moi-même mes trois fils au front dès le début de la guerre: mon ainé est mort en brave a Dixmude. Honneur a lui! Un autre, ayant eu quelques jours de congé après plus de vingt mois de campagne, me décrit son impatience de retourner aux tranchées, paree qu'il ne veut pas laisser aux autres le soin de défendre sa place restée momentanément vide! Le troisième qui, après un an et demi de guerre, apassé quelques mois dans une de nos écoles militaires, m'écrit des lettres d'une impatience fébrile, de crainte de n'être pas en temps utile au front lorsqu'on entamera 1'offensive! Tout cela c'est le vrai et beau patriotisme désintéressé, n'ayant qu'un sern objectif: la délivrance de notre chère Patrie. Et toutes les lettres de tous nos soldats expriment les mêmes beaux sentiments de patriotisme. Allez donc demander a tous les Beiges exilés, tant aux riches, qu'aux bourgeois aisés et même aux ouvriers, qui ne se sont pas enfuis — comme vous 1'insinuez — mais qui ont voulu se soustraire au contact dégradant des teutons, pourquoi ils continuent a vivre en exil en s' imposant les sacrifices et les chagrins que comporte la vie en pays étranger, et tous vous répondront que c'est par patriotisme!

C'est même pour nous, qui vivons en exil, un sujet de fierté de constater que ceux de nos compatriotes qui ont dü rester au pays, ou qui y sont retournés sur la foi de fallacieuses promesses, tiennent a distance tout ce qui n'est pas beige, tour ce qui prétend se substituer a notre Roi ou a no'tre gouvernement, comme tout ce qui travaille a desservir notre cause Et c'est précisément ce que nous demandons avec instance a nos compatriotes obligés de vivre en pays occupé, qu'ils évitent tout contact avec 1'ennemi ou ses agents, qu'ils affectent vis-k-vis de lui une indifférence dédaigneuse, qu' ils s'imposent au besoin des privations pendant les quelques mois que 1'occupation ennemie peut encore durer, qu'ils refusenl obstinément de travailler pour lui ou de traiter avec lui, qu'ils lui fassent sentir par leur conduite passive qu' il n'y aura plus jamais rien de commun avec lui, car désormais les flots de sang qui nous séparent, ne pourront s'effacer.

Le feu allemand a dévoré nos villes et nos villasres, nos temnles et nos paisibles demeures, le fer allemand a fnit couler des flots de sang innocent, des plus nobles de nos fils, de vieillards, de femmes et d'enfants, et cependant, — forts

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