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O V t A J E W N E V I E I L t E.' 11 f

convenir qu'elle éroit changée. Cette idéé cruelle a tout age, étoit affreufe a dix-fept ans. Après avoir examiné bien des moyens Sc formé bien des projets, elle fe détermina a demander au prince de faire fon portrait; elle efpéra que 1'attentiori ■néceflaire pour ce travail lui rappelleroit plus aifémentfestraits. Ellenepouvoitcomprendrecomment ils étoient fi vivement gravés dans fon cceur, pendant que fes regards en éroient fi peu frappés. Le lendemain, car l'amour eft prefle, elle en fit Ia propofitionau prince; il 1'accepta par fimple politefle, & comme un délaflement convenable a leur retraite. Sur-le-champ, il fe mit a travailler avec beaucoup de facilité. Bellinette charmée de voir fon amant, animée du defir d'en être reconnne, Sc piquée de ne l'avoir point été, ne négligeoit rien de ce qui peut plaire, foit pat la figure, foit par 1'efpVit; car l'amour eft un tranfport, & plaire eft un talent. La tête étoit a peu prés finie, quand Belline & Fidéle arrivèrent & fe récrièrent fur la prodigieufe reflemblance. Bellinette qui n'avoit point voulu interrompre le prince, s'approcha pour en juger. Quoi,c'eft ainfi que vous me voyez, s'écriat-elle d'abord qu'elle eut jeté les yeux fur 1'ouvrage ! Je fuis perdue, continua-t-elle en s'enfuyant. Ou pourrai-je me cacher '.Elle prononca ces mots de fa voix naturelle Sc fans être altérée par lage; car dès ce moment elle avoit repris fes graces, fa figure, fa jeunelfe. Briljant fut fi frappé

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