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4 HlSTOIRE

peuples fur qui nous devons régner. Le refpect fortifie 1'arn'our naturel qu'ils ont pour leurs prinees. II les rend plus zélés & plus foumis, Sc par conféquent plus difpofés a fe prèter au bien qu'on veut leur faire. Que ce foit 1'amour qui vous place fur le trone , mais que tout le monde reconnoifle que eet arnour n'cft point en mol une paffion indigne d'un prince 5 mais une juftice que je dois plus a vos verrus qu a votre beauté. Ainfi, loin de vous aftliger d'une féparation néceilaire pour nous mieux réunir , encouragez - moi par votre exemple. Partez donc, cher prince , reprit Bibi, j'ai tort de m'affltger. Je fens tout ce que vous devez faire; je fens que l'artendrilTement oü je fuis maintenant eft une foiblelTe que mon cceur défavoue. Pardonnez ces marqués de douleur, c'eft une émotion dont je ne fuis pas maitrelïe ; ma raifou la condamne intérieurement, elle en triomphera bientót. Partez , on vous attend. Oui, dit Titi , je pars : nous devons être affez raifonnables pour favoir tout ce que nous devons penfer & tout ce que nous pourrions nous dire. Cependant, j'exige de vous une promeiïe avant mon départ} aiïurez-moi que vous ne viendrez point me voir fous quelque forme que ce puilTe être. Bibi fut fi frappée de cette demande , que fes larmes , fufpendues pour un moment , laifsètent voir dans fes beaux yeux le nouveau

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