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^ C5 HlSTOÏRE

ignoroit que le don de fe métamorphofer ceflbït lorfqu'on étoir paffé d'un état de vie incertain , a un état fixe ; & s'appercevant alors qu'il ne pouvoit aller trouver fa chère Bibi, comme il auroit pu faire avant que d'ètre roi , il avoic réfolu de la prier de venir le voir, fi la métamorphofe avoit encore lieu chez elle.

Cependant tous les politiques du royaume ne doutèrenr point que le voyage de Forreferre n'eüt pour objet le mariage de la princefFe fa fille avec Titi. Le bruit s'en répandit dans toutes les provinces , & les politiques des états voifins en jugèrent auffi de même. Un poëte , qui avoit emprunté un bider pour galopper avec la multitude» le jour que Titi fut au-devant de Forreferre, mit en vets cette fête; il la décrivit telle que fon imaginatiorï la lui repréfentoit , c'eft-a-dire , qu'il y embellifFoit quelquefois ce qui pouvoit être embelli, & qu'il y défiguroit quelquefois ce qui, pour paroitre très-beau, n'avoir befoin que d'une defcription fidéle. Cependant la pièce parut fort bonne; on en tira un grand nombre de copies; elle fut même imprimée, & un exemplaire parvint jufqu'aux mains de Bibi."

Le 'poe'te y difoit, entr'autres chofes : » Que » la fille de Forreferre qui, par les charmes de » fes vertus & de fa beauté , mériroit 1'empire » du monde », (car chez les poëtes toutes ptin-

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