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du Prince Titi.' jj cette dernière queftipn, je ne crois pas qu'il le fafle, fi ce n'eft pour 1'amour de vous, & que vous ne 1'y obligiez paree qu'il le doit. C'eft un effbtc que vous devez exiger de fa tendrefle , vous vous alfurerez ainfi le bonheur de jouir toujours de fon eftime & de fonamitié, au lieu que 1'amour pafle, & qu'élevée fur le tróne , s'il cefloit de vous aimer, vous y feriez plus malheufeufe mille fois que dans cette cabanne. Oh ! dit Bibi, s'il mépou„ foir, il m'aimeroit toujours; il a trop de vertu 8c de bonté pour vouloir faire le malheur de quelqu'un qui fe feroit attaché a lui j mais je fens biert qu'il eft ridicule a une fille relle que moi, de fonger aépoufer un fi grand prince. Je le diifuaderai de le faire , & je Pai déja fait. En difant ces dernières paroles , fes beaux yeux parurent mouillés de quelques larmes. Son père attendri, penfa lui découvrir le myftère de la furprile qu'on lui préparoit, & 1'aiïurer qu'elle verroit le lendemain fon cher prince aufli amoureux que jamais. II f© retint pouttant, 8c eut Ia cruauté de lui laifter pafler la plus cruelle nuit du monde. Elle pria fon père de trouver bon qu'elle s'abfentat pendant que les feigneurs qu'il attendoit fetoient chez lui; mais Abor lui dit qu'elle devoit aider a fa mère a faire les honneurs de Ia maifon , ce qui fut ppur Bibi un nouveau fujet de chagrin.

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