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du P r. i m e e Titi. 8j , pêcher de fentir qu'il devoit y avoir une douceur extreme i aimer Sc a être aimé d'une perfonne fi parfaire. Ce .n'étoit rien encore. Ce prince fic adioitement tourner la converfarion fur divers fujets qu'il avoit 1'adreffe d'expofer fans affecFation , d'une manière propre a furprendre ou £ embarraffer. Bibi ne parloit jamais que iorfque Forteferre ou les princefFes lui adreiïbient la paro!e, ou qu'elles lui demandoient fon fentiment; mais lorfqu'elle s'excufoir de le dire, elle avouoit fon ignorance avec tant de charmes , qu'elle ne faifoit pas moins admirer fes graces que fa modeftie. Et lorfqu'elle expliquoir fes penfées , c'étoit toujours d'une manière fi précife Sc fi jufte, & en même tems fi naïve, qu'il paroifloit que la belle Sc fimple nature étoit en elle la feule interprète de la vérité. II y eut pourtant telles quefeions qui fuppofoient beaucoup de réflexions & de principes; mais, madame, lui dit Forteferre, avec étonnement, dires-moi, je vous prie, comment il fe peut faire qua votre age vous ayez penfé a tant de chofes, & que vous y ayez penfé avec tant de précifion & de jufteffe ? Sire, lui répondit-elle, fi votre majefté eft contente de ma facon de penfer, c'eft une nouvelle obligation que j'ai a deux maittes, a qui j'avois enccre plus envie de plaire, que je n'en avois de m'iuftruire. Qui font-ils, demanda Forteferre ? L'un eft mon

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