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lil HlSTOIRE

fafle fouvenir de notre amitié & de votre pro' mefle. Quand nos paffions fonr fi fortes , que nous n'ofons les attaquer de front, il faut rufer avec jious-mêmes, & racher de les miner infenfiblement, il nous ne pouvons pas tout d'un coup les détruire.

Après avoir fait ce préfent au roi de Forteferre, la Fée tirade fa corbeille les fleurs arrificielles qui y étoient, & les diftribua aux prihcefles &c aux dames. 11 y avoit des fleurs de grenades qui n'étoient que d'un feul tubis ; des boutqns de rofes qui n'étoient que d'un feul rubis balais •, diverfes violettes faites d'hyacinthes , d'améthiftes & de faphirs; des jonquilles & des jaflemins de topafes. Le blanc mat de la cornaliri'e aveugle , dont il y avoit des fleurs d'oranges Sc de jafmins blancs; & le blanc animé de la fardoine tranfparenre, donr éroienr les fleurs de muguet, ne fervoient qua rehaufler 1'éclat des autres fleurs compofées d'opales ou de girafoles. L'émeraude, le beril, la chryfolite & la tutquöife fe trouvoient employées pour les feuilles & les diverfes nuances de verr. Quelques fleurs même étoient, ou mêlées, ou toutes compofées de diamans bleus , jaunes , ou tanés. On peut juger avec quel plaifir les dames fe parèrent de pareils bouquets. Tant de metveilles, Sc la joie qui régna dans la converfation leur fit

oublier

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