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de fon bonheur , depuis le jour qu'elle ''avoit affuré de fon amitié dans la cabane oü elle s'étoic fait déchauffer Sc rechaulfer par lui : Mon fabot n'eft pas néceifaire, dit-elle, le roi de Forteferre voudra bien vous prêter fon gobelet, Sc cela fuffit. Viens feulement, cher prince, embralfer ta vieille, pourfuivit-elle, fe tournant Sc lui tendant la maini L'Eveillé accourut, Sc l'embraffa avec le tranfport qu'on peut s'imaginer. Toute la compagnie crut bien qu'il y avoit entre eux quelque myfrère; mais le refpect qu'on avoit pout la fée , cmpêcha de vouloir le pénétrer. Après que 1'Eveillé eut vidé une rafade dans le gobelet de Forteferre: Qui croiroir, dit-il, que quatre fois & demi , prêtés nar un pauvre page , pour le foulagement d'une pauvre femme, eufFent pu procurer a ce page une fouveraineté ? Vous vous trompez , dirent la fée Sc Titi , ces quatre fois Sc demi n'étoient que la preuve du zèle, du défintérefFement, Sc de la bonté de votre cceur ; vous auriez de même donné un million. C'eft votre fidélité » votre conftance, votre courage, & enfin , routes les bonnes qualités qui vous rendenr le digne fils d'un vertueux père qui votu; ont mérité la principauté qu'on vous donne aujourd'hui. S'il convient aux grands d'avoir de la vertu , a caufe du bien qu'ils peuvetit faire, il convient aux inférieurs d'être vertueux, pour mériter qu'on leur en

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