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du,Prince Titi. 143 faffè. II eft bien jufte que dans le retour d'une bonne fortune, on diftingue par une amitié particuliere , ceux dont le zèle & la fidélité fe font lignalés dans le tems de 1'adverfité. II me femble, dit Forteferre, que la vertu convient également a tous les hommes ; aux uns , pour mériter des graces; aux autres, pour favoir les faire. C'eft un renverfement dans 1'ordre des chofes, qu'un domeftique généreux , &c un maitre ingrar. La différence que met la fortune parmi les hommes, reprit la fée , s'évanouit quand la vertu les égale. D'un fujet elle fait un ami ; & le prince qui eft moins vertueux que fon fujet, fe rend réellement fon inférieur. Voila de belles maximes , dit le prince de Frycore 5 cependant, les routes de Ia vettu ne font pas celles de la fortune ; plus .on en eft digne , moins on y parvienr. C'eft toujours beaucoup, dit Abor, c'eft avoir le principal avantage. Ce n'eft pas une queftion doureufe chez les gens qui penfent bien , qu'il vaut mieux être privé de la fortune qu'on mérite , que de jouir de celle qu'on ne mérite pas. En effet, ajouta Titi, avoir de la verru , c'eft être bien avec foi-même ; n'avoir que de la fortune, c'eft n'être bien qu'avec les autres ; mais ce n'eft qu'un bien peu folide , dont 1'imagination ne peut empêcher qu'on ne fente intérieurement fa propre indignité. Sire, du Forteferre, en s'adreffant a Titi, vous ne fon-

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