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mon cceur, répondit Ia fée; paflons dans la coüf J elle eft alfez grande pour effayer votre courfe. Gracilie demanda une éguillée de foie, que Bibi alla lui chercher. La fille de Forteferre fe faifoit m vrai plaifir de remettre elle-même cette foie entre les mains du roi fon pere & entte celles de la PrincefFe de Blanchebrune. Elle fouhaitoit leur union , & ne doutoit pas qu'ils neeouruffent l'un & 1'autre avec le fil le plus délié, fans le rompre. Mais quand la foie fut venue & que , la fée ayant pris des mules qu'on lui avoit fait apporrer, donnoit déja a Ia princelTe de Blanchebrune un de fes fabots, & 1 autre a Forteferre : croyez-vous de bonne foi, dit Blanchebrune a ce prince, que fi je prenois le parti de m'attacher £ vous, fire, pour avoir 1'honneur de devenir votre époufe, j'euffe affez peu de délicateffe pour méliter qu'on püt me reprocher de n'avoir profitéde eet honneur, qu après m'être affurée qu'il feroit accompagné d'un bonheur inaltérable. Non, fire; fi je me donnois aquelqu'un, je voudrois 1'aimee affez pour lui marquer que je veux bien même courir les rifques d'être malheureufe, en me donnant a lui. Je voudrois que 1'efpérance de mon bonheur ne füt fondée que fur mon amour, & fur fa vertu. Je ne voudrois point d'une cerutude qui diminueroit le prix de mon dévouement, & peut-être le prix de l'attachement du prince qui

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