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BÜ PrÏNCE TïTÏ. 25^

/caufer une interrupticn dans la perception des deniers que produifoient les contributions qu'on en tiroit. II étoit le maitre d'un grand état, il voyoit bien qu'il pourroit en tirer plus de revenu, même en foulageant fes peuples, fi les chofes y étoient dans un meilleur ordre; mais toujouts preffé d'avoir de 1'argent, il avoit de la peine a fe réfoudre d'employer un remède qu'il regardoit nuidbie au rems préfenr, quelqu'avantageux qu'il fur pour 1'avenir. Ne vous inquiétez pas, fire, lui répondit Tiri; lorfque j'étois avec Bibi dans les douces retraites de notre ïle inconnue, nous cherchions a nous faire des plaifirs de roure ef* pèce, 8c nous ne les bornions pas ainfi toujours a de vairts amufemens. Nous nous félicitions de vivre feuls dans cette ïle, oü nous goütions fans interruption, les douceurs de la paix & de 1'innocence, 8c nous confidérions de la les autres hommes comme une multitude d'infenfés, que diverfes paffions agitent 8c crucifient prefqu'égaIement. Nous les plaignions, &nous cherchions s'il n'y avoit pas de remède a leurs maux. Nous trouvions qu'en général 1'homme n'étoit pas plus porré au mal que les autres créatures, que même fes premiers mouvemens le portoient naturellement au bien, & que, fupérieur par fa raifon , il devoit être infiniment plus heureux, s'il en faifoit un bon ufage. II nous fut aifé de conclure que la

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