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fource de tons fes maux venoi: de 1'abus de fa raifon; & pour nous faire voir combien elle pouvoit contribuer a fon bonheur, nous nous imaginames dans notre ïle, une fociété de gens raifonnables; nous leur faifions faire tout ce que la bonté du cceur öVce que 1'humanité en exigeoient; nous étions charmés dê la concorde , des fervices mutuels, de la bonne foi, des plaifirs; en un mot, du bonheur qui régnoit parmi eux : nous voulumes fur ce fondement établir un gouvernement parfait; mais nous nous appercumes aufli-tót que nous étions dans Terreur, & qu'entre des gens raifonnables, il n'y avoit point de gouvernement a établir, puifque 1'établiiïement d'un gouvernement n'eft que pour faire faire aux hommes déraifonnables ce que la raifon veut qu'ils faflenr. Les lokne font faites que pour réprimer leurs injuftices, leurs paflions défordonnées, & les rriagiftrats ne font établis que pour faire obferver ces loix. Si nous peuplons cette ïle de gens raifonnables , difions - nous, nous ne nous donnerons point de fujets, nous ne nous donnerons que des amis, & nous aurons fait tout d'un coup ce que les bons princes fe trouveroient rrop heureux de pouvoir faire , fi la chofe étoit poflible. Mais comme ce n'étoit que 1'ouvrage de notre imagination , continua Titi, nous ne nous occupames pas long tems de cette agréable chimère. Nous pafsames a

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