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ie camp s'étoit forme. Le gouverneur , qui n'avoit pas été le maitre de retenir la garnifon, y faifoit monter la garde par les bourgeois. II fut bien étonné lorfqu'ils lui amenèrent le roi qu'il reconnut auffi-tot. Il fe plaignit de ce que le prince de Félicie & le duc de Vaervir , qui étoient, ditil, paffes il y avoit trois jours, ne lui avoienr point dit que fa majefté dut arriver. lis n'avoient garde, répondit le roi, je leur avois défendu de le dire , & je vous prie mëme qu'on ne fiche pas ici que j'y fuis. Cette défenfe venoit trop tard , la nouvelle en étoit déja repandue, & tous les habitans de cette ville accouroient au gouvernement. Cela fut caufe que les dëux rois ne voulurent pas y diner, & que s'y étant feulement rafraichis pendant une demiheure, ils remontèrent a cheval- ils traversèrent la ville a petits pas, pour donner au peuple la fatisfaófion de les voir , & ordonnèrent qu'on fermat les portes dès qu'ils feroient fortis , paree que plufieurs gens de la ville fe difpofoient a les fuivre. Ce fut le bonheur de deux pauvres malheureux qu'ils trouvèrent a trois quarts de lieue de la ville. On les menoit en prifoir, c'étoit deux hommes commis pour recevoir les contriburions d'un village. Des alguazils les conduifoient comme des criminels- ils les avoient liés enfemble , &£ les faifoient marcher rudement entre

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