Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

JIO HlSTOIRE

Vaervir. On difcutoit cependant s'il étoit exactement vrai, que la mefure du refpect füt celle de 1'amour. On apporta divers exemples d'amans que la force de 1'amour avoit rendus téméraires; on rapporta auffi d'autres exemples, mais en petit nombre, qui prouvoient que des amans s'étoient bornés a aimer éternellement fans efpoir de 1'être, fans dire qu'ils aimoient, ou qui ne 1'avoient fait connoitre que pour faire voir en eux un amour fi parfait, qu'il fe bornoit au feul plaifir d'aimer Sc de languir, heureux de mourir la victime de ce qu'ils aimoient; ou qui faifoient voir que pouvant fe flatter de quelqu'efpérance, ils s'étoient condamnés a vivre toujours malheureux, plutöt que d'expofer celle qu'ils aimoient a un retour dont ils ne fe ctoyoient pas dignes. Qui a pu produire de fi grands efforts, dit le duc de Vaervir, fi ce n'eft un refpect extréme? & qui a pu produite un-fi grand refpect, qu'un parfait amour ? Je rj'entends rien a toute votre philofophie d'amour , dit Gracilie; mais j 'ai fouvent oüi dire que 1'amour ne pouvoit vivre fans 1'efpérance, & fe condamner a être toujours malheureux, me paroit une folie, & la plus grande qu'on puifle faire- Quand on aime parfaitement, dit le prince de Felicie, la douceur d'aimer adoucit la douleur de n'ofer efpérer de 1'être; mais manquer de refpecF jufqu'a avouer fon amour a quelqu'un dont on n'eft pas

digne

Sluiten