Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

3 22 H I S T O I R. 1

n'eft-ce rien que d'être plaint de ce qu'on atrïie? C'eft une autre queftion, reprit Ie prince de Felicie , fur quoi il y auroit fujet de difputer. Je concois trés-bien qu'un amant peut êtte plus malheureux étant plaint de ce qu'il aime, qu'il ne le feroit en lui laiffant ignorer fon amour. On agira encore cette queftion, qui fut interrompue par 1'arrivée de madame Abor Sc de mademoifelle de Granatis, 8c d'un courier qui apportoir des lettres de Titi. L'accident arrivé au roi de Forteferre en étoit le principal fujet.

Enfin, 1'heure du fouper étant venue, on fut fe merrre a table. Et peu de tems après le fouper, le prince de Felicie, chargé du fabot & des lettres pour Forteferre, partit avec autant de peine qu'il avoit eu de joie de quitter Alburgetjiad pour venir a Bititibi.

II trouva le roi de Forteferre prefque guéri „ quoiqu'on l'obligeat a garder encore le lit, pour ménager fon genou. Il y fentoit beaucoup de foiblefte 8c quelque petite douleur. On craignoit qu'un trop prompt mouvement n'en prolongeas la durée. Les dames vinrent voir le fabot. Elles avoient toujours cru que ce qu'on en avoit dit n'étoit qu'un conté que le toi avoit fait pour fe divertir. Le gouverneur même , 8c ceux qui en avoient oui parler 1'avoient cru de même, 8c n'avoient feint de prendre férieufement la chofe*

Sluiten