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V v Prince Titi. jji

de l'éleétion. Elle étoir vêtue d'une robê blanche toute brillante d'or & d'argenr, la plus belle gatniture du monde, des diamans; mais fi boffiie devant & derrière, & li laide de vifage, que la beauré de fes ajuftemens la faifoit paroïrre un monftre. C'étoit d'ailleurs une impertinente créature , dont 1'efprit mal tourné empêchoit qu'on ne fit grace aux défaurs du corps. On croyoit qu'il' éroit impoffible qu'elle eut pu trouver quelqu'un qu'il 1'eüt fait boiter, d'autantplus que fes grands biens 1'avoient fait marier a lage de treize ans. Ainfi tout le monde difoit: pour celle-la, ellè ne boirera pas. Elle boita pourtant, & même il y a lieu de croire qu'elle en firvanité. Ce qui faifoit la honte des autres, étoit pour elle un fujet dè tiïómphe. Elle traverfa la falie, le derrière de fa tête appuyé fur fa bofte , & fes regardsauffi allures que fi on eut du lui applaudir. On battit auffi des mains pour elle,

On vit entrer enfuite une jeune femme de dixfeptans, grande cz bien faite, les cheveux, les fourcils & lespaupièresnoires comme jais, le teint blanc comme neige , les lèvres rouges comme un corail, Celle-ci, dit-on, mérireroit bien qu'on la fit boiter; mais elle ne boitêra pas, il n'y a que dix jours qu'elle eft mariée. Point du tout. Elle frémif dès qu'on lui mit le pied dans le fabot, & fe .précipka en boitant, 6i en ne faifimt qu'un

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