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r>u Prince Titi. 375

mot de madame facha la princefle, qui dir a demi voix : elle n'a point d'ufage. Je lui pardonne d'ignorer qu'on dit a une princefle, fon alteffe , & non pas madame. Madame Abor, qui l'avoit entendue , lui dit: il eft vrai, madame, je manque d'ufage ; mais j'en fais aflez pour ne pas prêter a rire aux dépens de la mère de votre reine. La princefle fe leva ,& dit: on n'y peut tenir. Je n'y reviendrai plus. Vous y reviendrez, lui dit Bibi, fi vous tenez a 1'amitié de la reine, & fi le fpectacle d'une familie bourgeoife & aimanre, aflife fur le rrbne, peut vous intérefler. Elle accompagna ces paroles d'un fouris fi gracieux, que la princefle dérida fon front & fourit. Mais qu'eft-ce qu'elle veur donc dire ? difoit madame Abor, moi je n'entends rien a tous ces grands airs. Je vais bonnement, la cérémonie me tue. Pauvres gens ! eh ! ou eft ma cabane ? Quand je donuois a manger a mes poulets, ils me carefloient. Eft ce qu'une reine n'eft pas la mère aux petits? Quand on n'a que de bonnes inrentions pour eux , pourquoi n'auroient-ils pas 1'air reconnoiflant de mes poulets. Ah! ma chère cabane. Ah ! mon petit jardin. Ah ! mes poulets. Ah! monfieur Abor , vous vous êtes laiflé gagner. Mais, ma mère ,

lui difoit Bibi Laiifez-moi parler, reprit

madame Abor, je veux me plaindre. C'eft bien le moins, quand on eft malheureux.

Aa iv

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