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Vz Les Soirees

par hazard un fruit qui porte le nom d'un grand royaume, & qu'elle arrachera au prince qui doit la délivrer de cet affreux état, & 1'époufer après plufieurs aventures.

Aimable princeffe, m'écriai-je alors, puifque voila la prédiftion accomplie , par la grenade que vous m'avez ótée des mains , ferois-je affez heureux pour ne vous point trouver rebelle aux ordres du deftin ? Je n'ai point héfité k vous donner mon coeur, dès le premier moment que je vous ai vue ; & fans attendre que vous m'euffiez déclaré la volonté des dieux, je n'étois déja plus k moi-même. Je vous fais bon gré, prince, me dit-elle , de la paffion que vous me témoignez ; mais ne donneriez-vous point a la reconnoiffance feule des fentimens que je voudrois ne tenir que de l'amour. Je la raffurai contre des foupconsfi injuftes, par des proteftations fincères de 1'aimer toute ma vie. La princeffe me crut. Enfuite après avoir appris d'elle que la fée Legére , qui la venoit voir tous les jours dans la prifon , 1'avoit inftruite de tout ce qui devoit fe paffer , & avoit conduit ellemême cette afTaire; elle me dit encore, qu'avant d'accomplir un hymen qui devoit nous combler de bonheur, nous étions deftinés 1'un & 1'autre a rompre un enchantement extraordinaire, Voici j continua-t-elle3 de quoi ils'agit»

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