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Bretonnés.- 19 lui dit Engageant, eft-il des termes affez forts pour vous marquer 1'excès de ma vïve recöfi* noiffance f Mais je me trorape , ce n'eft point k un homme que je dois un fe cours ft extraordinaire ; & je ne puis regarder, avec trop de refpect, une divinité pour laquelle les animaux les plus farouches ont de la vénération. II alloit k ces mots fe profterner k fes pieds Iorfquè cet inconnu l'arrêta. Qu'allez - vous faire,brave étranger, lui répartit-il ? ce n'eft qu'axvx dieux qu'on doit des foumiffions de cette nature; & c'eft les offenfer, que d'en rendre k un fimple mortel comme moi. Qui que vous foyez , dit alors la princeffe Adreffe qui avoit eu le tems de fe remettre de fa frayeur, nous vous devons la vie , & nous ne perdrons jamais le fouvenir de la générofité que vous venez de faire paroïtre k notre égard. Hélas ! madame , repartit 1'inconnu , en verfant quelques larmes que le fouvenir de fes malheurs lui arrachoit ; loin d'être un Dieu, je ne fuis qu'un prince malheureux , expofé dés ma plus tendre enfance aux affauts de la fortune ; & j'aurois été moi-même dévoré par ces cruels monftres, k mon abord en cette ifle , fi je ne m'étois fervi promptement d'une recette que je tiens d'un habile philofophe. II y a fix mois & plus que je languis dans cette afireufe demeure ; 6c fi vous

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