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34 Les Soirees dont il nous traita. Voila , madame, Porigine de mes malheurs &C de ceux de mes frères. A peine vis-je la princeffe Brillante , feule héritière de ce grand monarque , que touché de fon éclatante beauté, j'en devins paffionnément amoureux. L'accès que j'avois auprès de cettje princeffe , par le plaifir qu'elle prenoit a m'entendre lui réciter des aventures fabuleufes que je feignois nous être arrivées , & dans lefquels je lui dépeignois des malheurs imaginaires, firent entrer Pamour dans fon cceurfous le nom de la pitié. Je m'en appercus , &C croyant ne devoir plus rien déguifer avec elle, je lui déclarai ma naiffance. La princeffe charmée que je puffe afpirer fans inégalité a 1'obtenir de fon père , m'avoua enfin que j'étois le feul prince avec lequel elle pourroit s'eftimer heureufe. Un aveu de cette nature redoubla mes foins & mon refpeft, & je Paffurai d'une conflance & d'une fidélité a Pépreuve de la mort même.

Je paffois a la cour pour un fameux botanifte. En effet, j'avois acquis une connoiffance parfaite de tous les fimples ; & la princeffe trouvant ce prétexte merveilleux pour avoir occafion de m'entretenir plus fouvent, fupplia l'empereur de permettre que je lui enfeignaffe la vertu & Pufage des herbes & des plantes: elle Pobtint aifément ; ainfi j'étois continuel-

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