Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

42 LesSoirées tre par furprife, finon je vous ferai connoïtre que les dieux m'ont commis le foin du chatiment que mérite votre trahifon. Téméraire l me dit Brutalin avec un ris forcé; fi j'en croyois ma jufte colere, tu ferois déja anéanti; mais j'ai pitié de ton age : vas retrouver ta fugitive princeffe , &C lui témoignes le peu de cas que je fais de tes menaces. Je crus alors devoir piquer au vif ce prince brutal , afin qu'il s'engageat au combat fans réflexion. Je faifois quelque cas de ta valeur, lui répartis-je; mais je vois bien que toute ta bravoure ne confifte que dans la perfidie, & fe borne a dépofféder une femme de fes états. Tu n'es qu'un lache ufurpateur, dont je faurois bien abaiffer la fauffe fierté, fi tu ofois mefurer ton épée avec la mienne.

Brutalin grincant les dents de rage a ces dernières paroles , mit le fabre a la main , & fondit fur moi comme un lion. J'avois trop examiné fes yeux & fon vifage, pour ne pas me précautionner contre fes coups. Je les parai adroitement; & profitant de la fureur qui 1'aveugloit, je lui percai le cceur du premier coup que je lui portai.

Les officiers de Brutalin laffés depuis longtems de fa tyrannie , & qui n'avoient exécuté fes ordres qu'avec regret, lorfqu'il avoit furpris la ville capitale de Vipérine a ayant mis bas les

Sluiten