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4^ Les Soirees ce foit, vous payeriez peut-être trop cher une indifcrétion, dont il ne feroit plus tems de vous repentir; faites-moi venir feulement quelque oifeau, tel qu'il vous plaira. Ayant fait fur-lechamp apporter une tourtereile, ce philofophe la prit, & me paria en ces termes : ne foyez point furpris, mon hls, de ce que vous allez voir. Je vais tuer ce foible animal, puis fon amé étant partie, je coulerai la micnne dans fon corps, laiffanf le mien privé de vie ; & confervant toute ma raifon , quoique dans celui d'une béte, je me donnerai carrière, fuivant les mouvemens naturels de ce corps étran^er. Alors quand je voudrai retourner dans le mien, ufant fur lui du même moyen dont je me ferai fervi fur cette tourtereile, j'y ferai rentrermon ame , par la vertu de certaines paroles myftérieufes , tirées de la clavicule de Salomon.

Eft-il poffible, lui dis-je mon pere , que 1'ame s'allie ainfi a un corps qui n'a point d'union avec elle ? oui prince, me dit-il, 1'ame eft quelque chofe de fi pur, qu'elle n'occupe point de lieu, tout corps lui eft indifférent, puifqu'elle n'a rien de commun avec la matière dont elle ne fe revêt que comme d'un organe. Vous allez k 1'inftant êtreperfuadé, par vos yeux , de cette vérité. Ayant alors étouffé Ja tourtereile , il fe coucha k' terre , 5c s'étant indiné fur cet oifeau, il lui infpira fon ame, &

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