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50 Les Soirees gore , elle ignorok par quelle vertu j'avois ce pouvoir furnaturel. Heureux ! fi j'avois toujours pu garder un fecret de cette importance, Sc fi, ayant eu la force de Ie cacher a mon époufc , je n'avois pas eu la foibleffe de le déclarer a un jeune homme dont j'avois fait mon favori. Je reconnoiffois enFourbadin,c'eft ainfi que s'appelloit ce traitre, une fi grande com.plaifance pour moi, une telle droiture de cceur, Sc des fentimens li détachés d'intérêt , que j'avois toujours négligé de confulter a fon égard la ftatuc de Vérité. Je lui ouvrois fouvent mon cceur ; Sc dans un de ces momens de plénitude oü j'étois charmé des affurances d'attachement & de refpeö que me donnoit Fourbadin, je lui déclarai malheureufement le fatal fecret qui a penfé me coüter la vie, Sc lui enfeignai les myftérieufes paroles qui communiquent le pouvoir de la tranfmigration. Nous en firn es plufieurs fois 1'expérience ; mais ce traitre abufant bientöt de Faveugle confiance que j'avois en lui, fe noircit envers moi de la plus infigne trahifon.

Nous étions un jour feuls k la chaffe dans un endroit écarté oü la béte nous avoit conduit; lorfque rencontrant deux renards , Fourbadin me propofa de tirer deffus , de nous mettre dans leurs corps , Sc de nous donner le plaifir

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