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ïoo Les Soirees préhendois tant les funeftes eftets; voila la bieffure que je devois porter jufques par - dela le tombeau. Oui, divine princeffe , mon rêve ne ferapas menteur, je vous adorerai toute ma vie, & la mort même ne fera jamais capable de me faire oublier vos charmes. Cette adorable perfonne fourita ces paroles. Pourquoi venez-vous troubler ma folitude , me dit-elle, de 1'air du monde le plus touchant ? faut-il que vous ajoutiez encore a mes chagrins celui de vous voir bientöt la proie d'un barbare géant, contre lequel toute votre valeur deviendra inutile. Madame , reprit-il, je mourrai content en combattant ce monftre, fi du moins ma mort vous coüte quelques larmes. Mais par quelle raifon étrange une perfonne comme vous fait- elle fa demeure dans une grotte auffi fauvage ? Hélas! me dit-elle, en pleurant amérement, je ne faurois rappeller les circonftances de mon malheur , fans le redoubler par les cruelles réfléxions qu'il entraine avec foi. Je n'étois pas nee pour faire un fi trifte ufage de la vie, mais le temps preffe , & je ne puis refufer a votre générofité le récit de mes triftes aventures. L'on m'appelle Toujoursbtlle ; j'avois été élevée avec la princeffe Bellehumeur, ma fceur cadette, a la cour du roi Jamaisvu , mon père, qui eft feigneur de 1'ifle Perdue, lorfqu'un géant monf-

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