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'102. Les S o i r é e s

abondamment, fans que je puffe tarir la fourcé de fes larmes. Aimable Toujoursbelle, m'écriaije, vous n'êtes point faites pour être 1'époufe d'un monftre; agréezfeulement les vceux d'un -malheureux prince tel que je fuis , & ne vous embarraffez pas du refte ; outre 1'inclination naturelle que j'aia rendre ferviceaux perfonnes de votre fexe, je m'y fens porté en cette occafionpar quelque chofe de plus fort. Je n'en dois plus douter, puifque lés Dieux ont pris foin de m'en avertir en fonge, & qu'ils ont gravé fi profondément dans mon coeur 1'image de votre divine perfonne, que jamais rien ne pourra 1'en effacer. Profitons de 1'abfence de Mangafuriel , & fuivez-moi avec le chien & les deux biches. La princeffe devenue fenfible ala paffion que je lui peignois avec des couleurs fi vives , fe livra fans répugnance entre mes bras. Je la conduifis a la cabane du payfan avec une confiance que 1'amour feul peut ïnfpirer , & j'y arrivai fans trouver aucun cbftacle. Je ne pouvois cacher cette aventure a mon höte. Je fus donc obligé de 1'en inftruire; & quoique les circonftances périlleufes qui accompagnoient cette efpèce d'enlèvement, duffent l'effrayer, puifqu'il avoit tout a craindre de Mangaturiel, fi jamais il apprenoit qu'il nous (BÜt donné retraite, je trouvai en lui une gran-

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