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Bretonnes* ioy leurs décrets , & vivez dans 1'efpérance1, d'être un jour le plus heureux de tous les mortels avec votre chere Toujoursbelle.

Jefrémis depuis les pieds jufqu'a latête,a cette horrible prédiöion. Et j'étois prêt de me livrer au défefpoir le plus affreux, fans les nouvelles promeffes que me donna cette bonne fée, de m'être toujours favorable. Elle me conta enfuite que le payfan qui m'avoit re^u cbez lui, n'étoit rien moins que ce qu'il paroiffoit, & que c'étoit 1'enchanteur Peut-tout fon ami intime qui, par fon ordre, ayant fuppofé un enfant prêt a être dévoré par un ours, m'avoit ainfi attiré dans cette demeure, poyr délivrer la princeffe Toujoursbelle des mains du tyran qui la retenoit. Enfuite la fée Pandrague m'ayantreconduit ala cabane , elle commenca a y exercer fon pouvoir , en rendant au cbien & aux deux biches leurs formes naturelles,que le malheureux Mangafuriel leur avoit ötées par la force de fes noirs enchantemens. Toute cette familie royale s'embraffa alors avec tendreffe; & après s'être donné des marqués réciproques de joie , rendit grace a la fée & a 1'enchanteur Peut-tout des bienfaits qu'elle en avoit re?us. Nous ne fongeames plus qu'a nous éloigner de ce lieu. La fée nous ayant couvert d'un nuage épais, pour nous dérober aux pourfuites du géant, nous

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