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Bretonnes. 107

fiffe, je ne pus jamais le joindre. Je le fuivis feulement des yeux, & 1'ayant vil entrer dans une tour d'une hauteur inacceffible, dont il referma la porte après lui; je réfolus de ne me point éloigner de cette cruelle prifon. Un moment après j'en vis fortir le géant , qui apparammentretournoiten courfe;je voulusproftter de ce moment favorable , & de 1'obfcurité de la nuit qui s'approchoit. Je rn'avancois vers la tour, lorfque j'entrevis a quelques pas cbe moi un homme que le défaut du jour m'empêcha de reconnoitre pour le prince Boncceur, & qui venoit a moi 1'épée a la main. Nous nous primes apparamment 1'un 1'autre peur des fatellites deBrandagedondon,& commencames un combat qui n'auroit fini que par la mort de 1'un de nous deux , fi le géant, qui arriva fur ces entrefaites, ck qui nous trouva acharnés 1'un contre 1'autre, ne nous eüt embraffés,& tranfportés tous les deux dans le tombeau diaphane , oix fans nous être reconnus, & par la force de fes enchantemens , nous avons toujours continué notre combat, jufqu'au moment que vous avez fait ceffer le charme qui nous forcolt d'en agir ainfi.

Tous les princes furent iurpris de cette hiftoire, & Boncceur, pour en éclaircir quelques endroits qu'ignoroit Languedor, raconta

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