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B R E T O N N E S. ï 11

On fe fépara donc, puifque c'étoit une né«cefïitë indifpenfable de le faire , Sc les princes Sc princeffes ayant monté avec joie le vaiffeau qui les avoit amenés chez Brigandor , en tournèrent la proue vers le royaume du roi Jamaisvu ; la route en étoit très-difncile Sc inconnue aux matelots qui ne trouvoient pas ce pays dans la carte, Sc fi les princes Languedor , Sc fur-tout Boncceur qui en étoient originaires , n'avoient eux - mêmes fait 1'ofiice de pilotes , ils auroient vainement parcouru les mers. Enfin après avoir effuyé plufieurs périls, on y aborda au bout de quarante jours de navigation.

Le roi Jamaisvu Sc la reine fon époufe recurent les princes avec les témoignages 'de 1'amitié la plus tendre ; ils avoient perdu toute efpérance de revoir leurs fiïles , ainfi que les deux princes leurs amans , qu'ils croyoient que le cruel Brandagedondon avoit fait mourir. Ils ne purent moins faire que de les récompenfer par un doub'.e mariage de s'être gcnéreufement expofés pour la défenfe des princeffes , & le roi Jamaisvu fut charmé d'avoir pour gendres deux princes auffi accomplis. Leurs noces fe célébrèrent avec toute la pompe imaginable , le roi n'épargna rien pour faire connoitre fa joie , Sc les principaux du royaume , ainfi que le peuple , inventèrent mille jeux &

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