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Bretonnes.' 139

vie plus douce , en vous redonnant votre prince. Alors faifant figne au fauvage qu'il étoit tems de retirer la princeffe de l'inquiétude mortelle oh elle étoit, il öta promptement les peaux qui lui couvroient le vifage, & fe fit connoitre a Brillante pour le prince Bel Efprit.

L'empereur furpris & charmé de retrouver un gendre fi parfait, Pembraffa mille fois, ainfi que fes deux frères, qui ayant pareillement quitté les habits de philofophe & de médecin, qui les déguifoient fi bien, furent auffi-tótreconnus de toute la cour. Ils apprirent a l'empereur leurs merveilleufes aventures ; &C ce prince tacha, par toutes fortes de bons traitemens & de careffes , de leur faire oublier ce qui s'étoit paffé entr'eux.

Brillante penfa mourir de joie , elle ne pouvoit modérer fes tranfports. Que vous m'avez coüté de larmes ! difoit-elle a fon amant, mais j'en fuis troppayée parle plaifirde vous revoir fidéle. Ma princeffe, lui répondit-il, nos chagrins vont ceffer,les fées font trop de nos amies, pour nous laiffer languir davantage; elles ont feulement voulu éprouver notre conftance: & je fuis fur qu'elles vont nous récompenfer avec ufure , par un heureux mariage , de toutes les peines que nous avons fouffertes. Oui, reprirent les bonnes fées, nous avons affez éprouvé

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