Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

148 T I M A N D R E'

avec un plaifir infini, que perfonne ne le voyoit; La mettant enfuite fur fon eceur , il lut dans 1'ame de fon capitaine des gardés, qu'il avoit deffein de 1'afTaffiner le foir même , dansl'efpoir de régner a fa place. Le roi retiré dans fon cabinet, fit arrêter ce traitre & fes complices, 6c leur punition fuivit de prés Faveu qu'ils firent de leur crime. Ce prince s'eftimant bienheureux d'avoir une herbe fi utile, la renferma dans un petit fac de toile d'or , qu'il porta toujours depuis fur fcn cceur ; par ce moyen, il connut les caraöcres des perfonnes qui 1'approcboient. II n'appercut que des coeurs faux & livrés a 1'ambition, efclaves de la plus honteufe avarice. Effrayé de trouver tant de vices parmi fes favoris & fes courtifans, il voulut examiner fi tous fes fujets étoient également pervertis; il n'en trouva prefque pas un qui ne fut différent de ce qu'il paroiffoit être. Révolté de régner fur un peuple fi dépravé , il prit le parti de defcendre du tröne, & d'aller finir fes jours dans un de fes chateaux fitué au milieu d'une belle forêt, préfirant la douceur d'une vie tranquille & folitaire, au tumulte de la cour, & aux honneurs qu'on lui rendoit. La reine fa femme étoit morte il y avoit longtems , & ne lui avoit laiffé de fon mariage qu'une fille qui lui avoit été enlevée dès le berceau par

Sluiten