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IJ4 TïMANDRE

une jufteffe étonnante ; leurs fons étoient fi tendres & fi doux qu'on ne pouvoit les entendre fans éprouver une agréable émotion. Ce prince n'avoit jamais voyagé avec autant d'agrément & une fi grande viteffe, car fes yeux , quoique trés-bons , ne pouvoient diftinguer les différens pays fur lefquels il paffoit; il traverfa les airs pendant quatre heures, pour lors les mouches pofèrent la voiture dans un jardin fi magnifique & fi furprenant qu'il lui parut être le féjour des dieux.

II n'avoit jamais rien vu d'approchant ; le fable des allées de ce jardin étoit d'or, Sc les branches des arbres étoient tranfparentes Sc de même couleur que 1'émeraude ; les feuilles, du plus beau verd du monde , ne tomboient jamais ; enfin tous ces arbres étoient garnis de fleurs Sc de fruits qui répandoient une odeur fi douce Sc fi agréable que 1'odorat & la vue étoient également fatisfaits. Des gazons naiffans offroient de tous cötés de quoi goüter un doux repos. Mille Sc mille oifeaux chantoient dans les fombres allées du bois, & s'accordoient parfaitement avec une fymphonie charmante que l'on entendoit dans les airs. Un printems continuel régnoit dans ce beau féjour; jamais la pluie ni le vent ne s'y faifoient fentir; le feul zéphir pouvoit s'y promener. Des vio-

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