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feroit pas capable de détruire. Je m'eftimerai le plus heureux des mortels fi vous me permettez de vous les faire connoitre, & fi vous voulez bien fouffrir que je paffe mes jours k vous admirer. Je vous accorde volontiers ce que vous me demandez, lui dit la reine , & veux bien vous avouer que je fuis cette perfonne que vous cherchez. Je vous vis hier dans la forêt oii mes mouches vous ont enlevé , vous pourfuiviez un cerf avec beaucoup d'ardeur , vous me parütes un dieu, tant je vous trouvai charmant. Je fentis que vous feul pouviezfaire ma félicité , ainfi je forroaile deffein de vous faire connoitre ce que je penfois , & de vous attirer k ma cour : je 1'ai exécuté aujourd'hui: je me nomme Gracieufe, Sc ie fuis fille de la reine des fées. Je pofféde 1'art de féerie auffi bien qu'elle, & ces lieux ne dépendent que de moi. Ce royaume eft le féjour des plaifirs; on y rencontre par-tout les ris , les jeux Sc les graces; les chagrins Sc les ennuis en font bannis k jamais : j e me fuis engagée par un ferment inviolable k les punir fitöt qu'ils y paroïtroient: voyez fi vous ferez capable de les empêcher de vous approcher, & s'il vous fera poffible de m'aimer auffi conftamment que je 1'exige de vous. Si vou* me promettez une fidélité a toute épreuve , vous régnerez dans ces

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