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et Bleuette. 169 & daignez m'écouter un moment. Elles y confentirent enfin , 8c pour lors il leur conta ce qui lui étoit arrivé , leur apprit fon nom 8c fa naiffance. Fatime lui marqua la joie qu'elle avoit de la fin de fon enchantement, & le pria fort honnêtement de ne pas faire un plus long féjour chez elle., 8c de s'en retourner èla cour d'Abdal, qui n'étoit éloignée que de quatre lieues. Pardonnez - moi, feigneur , fi je vous preffe fi fort de partir , ma fille eft jeune, & vous auffi; je ne doute cependant ni de fa vertu, ni de la votre , mais il faut toujours craindre la médifance. Le prince n'ofa la contredire, mais il ne fe détermina a s'éloigner de la moitié de lui - même, que dans 1'efpérance de la revoir bientöt. Adieu, fage Fatime, lui dit-il, je vais rétrouver Ie roi mon père, &C lui rendre un fils, qu'il n'attend peut-être plus ; mais je vais auffi lui apprendre a qui il a 1'obligation de mon retour; je le fupplierai en même tems de me permettre que j'uniffe ma deftinée a celle de la charmante Bleuette. Fatime ne fut pas flattée de 1'honneur que le prince vouloit faire a fa fille; elle avoit des: exemples de plufieurs grands feigneurs, qui avoient époufé des perfonnes d'une naiffance obfcure , paree qu'ils en étoient fort amou-' reux, 8c qui dans la fuite les avoient méprifées.

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