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Sincer. 197

pour ne vous point déplaire? Répondez-moi de grace , votre réponfe fera le bonheur ou le malheur de ma vie. Oui, feigneur , lui dit-elle , je

vous aime. Cet aveu elle alloit continuer,

mais Sincer faifant un faut en arrière , devint fi petit, fi petit, qu'a la fin elle ne le vit plus. Une épaiffe fumée parut k fa place, & quand elle fe fut diffipée , la princeffe vit devant elle un jeune homme beau comme le jour , & dont Fair a la fois noble , doux & fpirituel, infpiroit un cerfain je ne fai quoi qui le faifoit aimer auffitöt qu'on le voyoit. Elle le regarda donc avec autant d'admiration que de furprife; mais elle fut bien plus étonnée lorfqu'i! lui dit avec toutes les graces imaginables : Paveu charmant que vous venez de faire , madame , vient de finir mon enchantem?nt. Je fuis Sincer qui , fous une forme déplaifante, a été affez hardi pour vous dire qu'il vous adoroit. Aimée le reconnut au fon de fa voix , & laiffant éclater la joie qu'elle avoit de le retrouver fi différent de ce qu'il avoit été , elle le pria de lui apprendre comment une femblab'.e métamorphofe avoit pu fe faire. Je fuis roi, lui dit-il, de 1'ifle de la Sincérité ; j'y régnois paifiblement ai mé de tous mesfujets. Un jour que je chafföis avec beaucoup d'ardeur un lion qui m'avoit échappé plufieurs fois, je me perdis, & je me trouvai dans

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