Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

£+fj Lettres b e

J'a vois bien prévu , Monfieur, que votrecalcul ne fsroit pas admiffible, & qüauprès d'un homme que vous aimez , votre coeur feroit déraifonner votre tête en matiere d'intérêt. Nous cauferons de cela plus a notre aife „ en herborifant cet été; car, loin de renoncer a nos caravanes, même en fuppofant Ie voyage d'Italie, je veux bien tacher qu'il n'y nuife pas. Au refte, je vous dirai que je fens moi, depuis quelques jours, une révolution qui m'étonne. Ces derniers événemens qui devoient achever de m'accabler, m'ont, je ne fais comment, rendu tranquille & même affez gai. II me femble que je donnois trop d'impor« tance a des jeux d'enfans. II y a dans toutes ces brüleries quelque chofe de fi niais & de fi béte, qu'il faut ê:re plus enfant qu'eux pour s'en émouvoir. Ma vie morale eft finie. Eft-ce Ia peine. de tant choifir la terre oii je dois laiffer mon corps ? La partie la plus précieufe de moi - même eft déja iBorte: les hommes n'y peuvent rien, & je ne regarde plus tous ces tas de .magiftrats fi barbares, «|ue comme autant de vers qui s'amufent k ronger mon cadavre;

L a machine ambulante fe montera donc cet été pour aller herborifer; & fi 1'amitié peut la réchauffer encore, vous ferez le Prométhée qui me rapgortera le feu du ciel. Bon jour, Monfieur.