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512 A MON PÈRE

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Car, petit-fils d'un serfl) et fils d'un artisan, Uès que ton pauvre bras fut tout juste assez ferme Four pousser sur ses gonds le portail d'une ferme, lu tombas dans les mains d'un apre paysan,

Qui, t'ayant confié cent brebis et vingt chèvres Du matin jusqu'au soir, et tous les jours de 1'a'n, Tenvoya promener ce long troupeau bêlant Par les ajoncs fleuris oü sont tapis les lièvres:

Car ta plume, ce fut un grand fouet, dont ta main Unglait les boucs barbus et les chèvres espiègles Qw tpndaient lestement les orges et les seigles, Uu les béhers jalpnx se heurtant en chemin;

rlij^tp^nialtres, un vieux patre apocalyptique 2) Qui pour chasser les loups tjenseignait des secrets; Qu bien le rnerl* ,uoir, vieux rêveur des forêts, Qui célèbre encor Pan sur sa flüte rustique... '

Tu chantais, tu sifïlais pourtant, pauvre petit! Tu prenais aux lacets des perdreaux et des grives,

! SOlr' aU ^P0"» tes blanches incisives Mordaient dans le pain noir d'un joyeux appétit.

Cest qu'une bonne fée, a travers les bruyères T apportant en cadeau quelque ïêvt vermeil, . Venait te visiter souvent dans ton sommeil, Et mettait du sourire au coin de tes paupières.

A seize ans, tu montas au grade de garcon

De ferme, et conduisis un superbe attelage

De ces grands boeufs d'Aubrac dont Ie fauve pelage

A Ia,couleur du chaume au temps de la moisson.

1) Lijfeigene. 2) Duister, onbegrijpelijk, als de Openbaring.

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