Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

8

ligne il faut trancher la question de savoir si le principe d'une communauté universelle des Etats est vraiment salutaire.

II n'est que trop compréhensible que la grande commotion de la guerre, 1'intensité des passions déchainées par elle, a ébranlé chez beaucoup, même parmi les internationalistes d'avant la guerre, la confiance dans 1'utilité des efforts pour une organisation universelle des Etats telle qu'elle avait été entamée par les deux Conférences de La Haye. Si peu de personnes sont capables de considérer les évènements sub specie ceternitatis; la crise intense de la guerre générale leur parait devoir déterminer a tout jamais les relations entre les Etats; elles construisent 1'avenir du monde sur la base de la constellation politique actuelle, sur la base des alliances dont le choc secoue le monde. L'histoire enseigne, toutefois, le caractère passager de toute alliarice politique. Elles ne sont que trop souvent le résultat de conditions fortuites. D'autre part la guerre nous a dit le danger des alliances antagonistes. Si nous voulons vraiment jeter les bases d'une Paix stable, a 1'abri de laquelle les nations puissent poursuivre une existence de sécurité et de travail civilisateur, il faut définitivement rompre avec ;e système et même avec le principe de l'êquilibre europeen ou mondial. L'êquilibre ne fut jamais stable; son instabilité, les mouvements constants de la bascule, les sentiments de méfiance et de crainte qui en résultèrent, ont contribué plus qu'aucun autre facteur a pousser la „vis sans fin" des armements internationaux. II faut en finir pour tout de bon. Or, il est évident qu'une organisation, peut-être sous des formes plus prononcées, des alliances actuellement existantes telle qu'elle a été proposée de part et d'autre 1) ne peut qu'accentuer et même envenimer les oppositions internationales. Ce serait une organisation de la guerre, nullement tine garantie de la paix. C'est ce qu'ont vu trés clairement de part et d'autre les hommes d'Etat dirigeants. Au début même de la guerre, M. Asquith a proclamé comme le but élevé des efforts des Alliés: 1'institution d'un „European partnership" comme le principe dominant des relations internationales. C'est au fond la même idéé qu'a reprise le Chancelier allemand M. de Bethmann-Hollweg dans son discours du 9 novembre 1916 a la Commission générale

*) „Mitteleuropaischer Staatenverband"; „Mitteleuropa"; Propositions de la Conlerencé économique de Paris.

Sluiten