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Étude comparative des textes latins et français de l'Institution de la Religion Chrestienne par Jean Calvin

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devions, nous delivrast (damnationem ad se traducens et piaculum in se recipiens) - H, 16, 5. Ceci c'est de la veritable prose rythmée, cet apanage des grands lyriques parmi les prosateurs. Le Pere estant infini en soy s'est rendu fini en son Fils, d'autant qu'il s'est conforme d nostre petitesse, afin de ne point engloutir nos sens par l'infinité de sa gloire (11, 6, 4). Voila une phrase qui non seulement pour le fond, mais encore pour la forme, fait songer a l'auteur des Pensées.

Devant des phrases pareilles on comprend M. Lanson i), qui avoue être stupéfait chaque fois qu'il lit l'Institution francaise. Sans aucun éclat extérieur d'éloquence, elles sont harmonieuses, rythmées, amples, nombreuses comme la meilleure prose classique et indiquent la voie oü Bossuet, Jean-Jacques et Chateaubriand se couvriront de gloire.

Dé place en place la traduction pêche par obscurité. Défaillances2). ^ ^ g^ ^ ,,auteur oppose rjnterprétation de

la Loi que donnait Jésus a celle fournie par les Phariséens. Ceux-ci, enseignent que „celuy qui ne commettroit rien par ceuvre externe contre la Loy, esloit bon observateur d'icelle", mais, ajoute l'auteur, „fesus redargue cest erreur: assavoir qu'un regard impadique d'une femme, est paillardise." L'emploi de assavoir est malencontreux, cest erreur se rapportant a ce qui précède. De plus un regard d'une femme est une tournure obscure. Aussi la révision de 1562 le change-t-elle en un regard impadique sur une femme, ce qui est une amélioration. nee male fieri putatur quia in tantae et pense-on que ce n'esr-point mal hnprobitatis possessionem longa et fait, pour ce que les hommes par impunita audada ventum est. leur licence sont venuz quasi en

II, 8, 25; 1541. possession de ce faire. La phrase francaise, en elle-même, est a peu prés inintelligible: la force du génitif objectif, improbitatis possessionem, se perd dans en possession de ce faire.

Maledictionem et iram Dei a qua se que Jesus Christ ait craint la malettttum esse noverat non timuisse . . . diction et 1'ire de Dieu de laquelle II, 16, 12; 1560. il se sentoit asseuré. L'obscurité provient ici de ce que l'auteur, comme ailleurs, rend 1'ablatif latin avec ab par de en francais.

1) Art. c.

2) Comme on pense trop souvent que les faiblesses du texte francais ne datent que de la rédaction définitive et sont dues a 1'inadvertance du réviseur, j'indiquerai chaque fois a quelle édition les passages qui vont suivre se rapportent. ' -