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Essais de syntaxe française moderne

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Le subjonctif.

— ce qui est tout autre chose — et je traduirais volontiers le mot bon, dans la phrase citée, non pas par lekkerste, pas plus que par lekker, mais par (de) heerlyke. — Cette traduction n'est pas trés «naturelle», mais qu'on n'oublie pas surtout que la tournure eUe-même non plus n'est pas naturelle; elle est même trés rare1. Beau se traduit alors par «prachtig», grand par «enorm», «superieur», etc., vaillant par «uitblinkend» ou «buitengewoon dapper», etc. Ces mots doivent avoir dans la traduction la même force emphatique trés grande qu'ils ont dans le texte, force si grande, qu'il devient possible, sans que cela nous choque trop, de donner a la relative, plus ou moins par analogie, une forme nullement logique, ni même «correcte», mais négligée', qui ne serait «correcte» qu'après un superlatif relatif. Mais cela ne change pas encore 1'adjectif emphatique en superlatif relatif! — Cette valeur de superlatif absolu ne sufflt pas, évidemment, pour permettre la subordination d'idée; nous tacherons de montrer qu'elle est pourtant pour quelque chose dans la possibilité de subordonner psychologiquement. Je relève dans 1'exposé de M. Delibes cette remarque; «le propre de la tournure un des est, en particulier, de faire ressortir clairement la relativité». Voila donc 1'élément qui crée la possibilité de subordonner. Mais comment se fait-il alors que la subordination ne se trouve jamais dans une phrase comme celle-ci: Cest l'une des innombrdbles victimes que la guerre a faites? Je crois, d'abord, que en soi la subordination n'est pas impossible ici, grace a la présence de un des, qui accompagne 1'adjectif. Mais 1'adjectif innombrable, quand on le compare a un adjectif comme bon, a un caractère, pour ainsi dire, mathématique, si peu «relatif», si peu «subjectif* en tout cas, qu'il n'admet pas même un superlatif absolu'! Alors nous avons, dans la phrase avec

'Lorsqu'on trouve ces phrases dans la prose d'un homme comme Bbunetière, il s'agit d'un artiflce de style, bien entendu.

JLa relative s'efface, pour ainsi dire, devant la trés grande emphase de 1'adjectif, qui domine tout, jusqu'a la fin de la phrase.

* C'-a-d. on ne pourra pas dire p. e. trés Innombrable, comme on peut dire p. e. trés bon.