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Histoire d'un conscrit de 1813

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HISTOIRE D'UN CONSCRIT DE 1813.

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marais sur trois ponts. Quelle averse, si tout cela nous tombe sur Ie dos!

— Ca, dit le sergent Pinto, le nez en 1'air et la main en visière * sur les yeux, c'est une bataille qui commence, ou je ne m'y connais pas. Pendant que notre armee défilé sur Leipzig et qu'elle s'étend a plus de trois lieues, ces gueux de Prussiens et de Russes veulent nous prendre en flanc avec toutes leurs forces, et nous couper en deux. C'est bien vu de leur part: ils apprennent tous les jours les malices de la guerre.

— Mais nous, qu'est-ce que nous allons faire? demanda Klipfel.

— C'est tout simple, répondit le sergent: nous sommes ici douze a quinze mille hommes, avec le vieux Souham qui n'a jamais reculé d'une semelle. Nous allons tenir, un contre six ou sept, jusqu'a ce que 1'Empereur soit informé de la chose et qu'il se replie * pour venir a notre secours. Tenez, voila déja les officiers d'ordonnance qui partent."

C'était vrai: cinq ou six officiers traversaient la plaine de Lutzen derrière nous, du cóté de Leipzig; ils allaient comme le vent, et je suppliai le Seigneur, dans mon ame, de leur faire la grace d'arriver a temps et d'envoyer toute 1'armée a notre secours; car, d'apprendre qu'il faut périr, c'est épouvantable, et je ne souhaite pas a mon plus grand ennemi d'être dans une position pareille.

Le sergent Pinto nous dit encore:

* de hand (als een klep) boven de oogen houdend.