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Histoire d'un conscrit de 1813

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HISTOIRE D'UN CONSCRIT DE 1813.

Tous les officiers, a droite, a gauche, en avant, en arrière, répétèrent le même ordre. On f orma quatre carrés de quatre bataillons chacun. Je me trouvais cette fois dans un des cötés intérieurs, ce qui me fit plaisir; car je pensais naturellement que les Prussiens, qui s'avancaient sur trois colonnes, tomberaient d'abordenface. Mais j'avais a peine eu cette idéé qu'une véritable grêle de boulets traversa le carré. En même temps, le bruit des canons que les Prussiens avaient amenés sur une colline a gauche se mit a gronder bien autrement qu'a Weissenfels: Cela ne finissait pas! Ils avaient sur cette cote une trentaine de grosses pièces; on peut s'imaginer d'après cela quels trous ils faisaient. Les boulets sifflaient tantot en 1'air, tantot dans les rangs, tantot ils entraient dans la terre, qu'ils rabotaient * avec un bruit terrible.

Nos canons tiraient aussi d'une manière qui vous empêchait d'entendre la moitié des sifflements et des ronflements des autres, mais cela ne servait a rien; et, d'ailleurs, ce qui vous produisait le plus mauvais effet, c'étaient les officiers qui vous répétaient sans cesse: „Serrez les rangs! serrez les rangs!"

Nous étions dans une fumée extraordinaire sans avoir encore tiré. Je me disais: „Si nous restons ici un quart d'heure, nous allons être massacrés sans pouvoir nous défendre!" ce qui me paraissait terriblement dur, quand tout a coup les premières colonnes des Prussiens arrivèrent entre les deux collines, en faisant une rumeur étrange, comme une inondation qui