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Cent poèmes français

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II voulait se construire un agréable asile, Oü, loin d'une étiquette arrogante et futile, II put, non végéter, boire et courir les cerfs, Mais des faibles humains méditer les travers.

Sur le riant coteau par le prince choisi, S'élevait le moulin du meunier Sans-Souci. Le vendeur de farine avait pour habitude D'y vivre au jour le jour, exempt d'inquiétude; Et, de quelque cöté que vint souffler le vent, II y tournait son aile et s'endormait content.

Fort bien achalandé, grace a son caractère, Le moulin prit le nom de son propriétaire; Et des hameaux voisins, les filles, les garcons, Allaient a Sans-Souci pour danser aux chansons. Frédéric le trouva conforme a ses pro jets Et du nom d'un moulin honora son palais.

Hélas: est-ce une loi sur notre pauvre terre

Que toujours deux voisins auront entre eux la guerre,

Que la soif d'envahir et d'étendre ses droits

Tour men tera toujours les meuniers et les rois?

En cette occasion, le roi fut le moins sage;

II lorgna du voisin le modeste héritage.

On avait fait des plans, fort beaux sur le papier,

Oü le chétif enclos se perdait tout entier,

II fallait, sans cela, renoncer a la vue,

Rétrécir les jardins et masquer 1'avenue.

Des batiments royaux 1'ordinaire intendant Fit venir le meunier, et, d'un ton important: „II nous faut ton moulin: que veux-tu qu'on t'en donne?

— „Rien du tout, car j'entends ne le vendre a personne.

// vous faut est fort bon, mon moulin est a moi

Tout aussi bien au moins que la Prusse est au roi."

— „Allons, ton dernier mot, bonhomme et prends-y

[garde."

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