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Poètes et chansonniers

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Qui broute au loin, dans la dune verrneille, Et redit non et non, toujours, En secoutant, au long du jour, Les deux oreilles

Ëmile Verhaeben.

65. LE COFFEET.

Ma mère, pour ses jours de deuil et de souci, Garde, dans un tiroir secret de sa commode, Un petit coffre en fer rouillé, de vieille mode, Et ne me 1'a fait voir que deux fois jusqu'ici.

Comme un cercueil, la boite est funèbre et massive, Et contient les cheveux de ses parents défunts, Dans des sachets jaunis aux pénétrants parfums, Qu'elle vient quelquefois baiser, le soir, pensive!

Quand sont mortes mes sceurs blondes, on 1'a rouvert Pour y mettre des pleurs et deux boucles frisées ! Hélas ! nous ne gardions d'elles, chaines brisées, Que ces deux anneaux d'or dans ce coffret de fer.

Et toi, puisque tout front vers le tombeau se penche,

O mère, quand viendra 1'inévitable jour Oü j'irai dans la boite enfermer a mon tour. Un peu de tes cheveux, que la mèche soit blanche ! . . .

Geoegbs Rodenbach.