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conforme a ses sentiments nouveaux et de sympathique a son ame.

II en était tout autrement sur le continent au XVIIIe siècle. Une protestation comme celle de Voltaire dejneure une exception. Dans ses Questions sur [Encyclopédie (1770), a Partiele Anciens et Modernes, il cite dans une traduction de son cru le début de Fingal, en montre le ressemWance avec les versets les plus hardis et les plus figurés des Prophètes, et fait censurer par un Florentin ce style oriental, ampoulé et vide, si facile d'ailleurs a imiter. Pour prouver ce dernier point, le Florentin pastiche (assez peu fidèlement d'ailleurs) le style ossianique. La critique de Voltaire ne portait que sur le style; mais on protesta, en France et a 1'étranger, contre ce jugement irrévérencieux. Dès 1771, les Qöttingische Qelehrte Anzeigen inséraient une vive réplique. Beaucoup d'admirateurs de Voltaire sont chagrinés et choqués de le voir ainsi parodier et railler leur cher Ossian: David de Saint-Georges et Griffet-Labaume en 1795, Laya en 1799, et ce sera encore 1'avis d'Edmond Géraud sous 1'Empire. Toute 1'autorité de Voltaire n'a pas suffi a* convaincre les ossianistes francais. Ceux-ci sont nombreux et fidèles. Aux enthousiastes de la première heure, aux Suard, aux Diderot, ont succédé des adeptes non moins convaincus: le marquis de Saint-Simon, Le Tourneur, Dorat, Fontanes, M.-J. Chénier. Ces noms ne sont pas de grands noms; mais oü étaient nos grands poètes entre 1760 et 1800, a 1'exception d'André Chénier, que les poèmes ossianiques ont d'ailleurs intéressé sans toutefois le pénétrer bien profondément? Ossian est goüté par beaucoup d'autres, mais discrètement et comme dans 1'ombre; avant Chateaubriand, aucun de ses admirateurs n'est de taille a 1'impóser a 1'opinion.

II faut faire une place a part a .la Suisse romande, oü le doyen Bridel voyait dans le barde des montagnes de 1'Ecosse le type du poète vrai, sincère et naturel, tel qu'il le fallait a un peuple libre, fier de son indépendance et des souvenirs de ses aïeux héroïques, tel que le nourrissent les montagnes de la Suisse.

L'Italie paraissait offrir un terrain moins propice a 1'admiration et au culte d'Ossian. Grace a Cesarotti, il y recrute cependant des [ prbsélytes. L'excellent abbé avait formé autour de lui a Padoue un I cercle d'ossianistes. II se faisait appeler par eux padre Ossian et donnait le nom d'Oscar a Giuseppe Barbieri, son disciple préféré. II se considérait tout a fait comme le représentant d'Ossian: aimer le Barde, c'était 1'aimer. S'il se rendait a Venise, il y trouvait un

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