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en traduisant. Cesarotti adopta immédiatement, pour rendre la prose de Macpherson, 1'hendécasyllabe non rimé (sciolto), vers dans le maniement duquel il se révéla un maitre: et la gloire du versificateur a survécu en Italië a celle du poète et de son modèle. Avec leurs épithètes, leurs mots composés, hardis néologismes en italien, leurs tours calqués sur ceux du texte anglais, avec leur allure souvent brusque et saccadée, leurs coupes savamment variées, leurs continuels enjambements, les scioltidt Cesarotti, sans rendre exactement 1'effet de la prose de Macpherson, donnaient une impression assez voisine, plus frappante peut-être; au point que 1'ceuvre a été longtemps considérée, non seulement en Italië, mais un peu partout, comme supérieure a 1'original. Dès la fin de 1762 paraissait Fingal, dès la fin de 1763 Temora et d'autres poèmes. L'Ossian de Cesarotti se réédite, successivèment complété et amélioré, huit fois au moins de 1763 a 1795; il devait avoir encore au moins treize éditions de 1801 ' a 1829. Ce fut un immense succès, dü, je le répète, au moins autant aux talents du traducteur qu'aux mérites de 1'original. Les Italiens ont donc possédé dès le premier jour leur traduction d'Ossian, et dont le succès excluait toute autre entreprise rivale; Michel Leoni, au XlXe siècle, n'aura qu'a compléter Cesarotti en lui adjoignant les poèmes de Smith.

Comme Cesarotti en Italië, et a son exemple, Denis en Allemagne tentait d'élever a Ossian un monument digne de lui. Le Bavarois Michel Denis, devenu jésuite autrichien, professeur de belles-lettres comme Cesarotti, avait appris dans 1'Ossian italien a admirer le barde de Morven. Quand il connut le texte anglais, il Ie traduisit tout entier en hexamètres, sous l'influence sans doute de Klopstock et du succès de sa Messiade. Cette traduction compléte parut, magnifiquement imprimée, en 1768 et 1769. Une grande curiosité, un grand intérêt furent éveillés par ce monument imposant, mais massif; on le constate au nombre des articles qui furent consacrés a la traduction de Denis. L'Allemagne possédait au bout de peu d'années un Ossian complet en vers, et c'est dans Denis que le plus souvent on citera Ossian, au moins au XVIIk siècle. Goethe 1'a lu «avec beaucoup de plaisir" et estime que de pareilles tentatives raffermiront le bon goüt (1773). Mais tout le monde n'approuve pas le majestueux"^ hexamètre substitué a la souple prose rythmée de 1'original. Herder profeste avec énergie contre cette trahison dans ses fragments Sur Ossian et les Chants des anciens peuples (1773). II estime que tout

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