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dans Werther, remontent en réalité a une époque plus ancienne, a 1'année 1770-1771, oü Herder a Strasbourg révélait Ossian au jeune Goethe. Les essais de traduction en prose de Herder, dont plusieurs ont été retrouvés dans ses manuscrits, remontent en partie a la même époque; c'est probablement le cas pour les quatre morceaux de poésie sidérale empruntés a Ossian qui figurent dans son ouvrage Sar t Esprit de la Poésie hébraïque (1782), et pour les trois morceaux sur la vie et la mort qu'il cite dans son article Hades and Elysium de la même année l).

Une nouvelle traduction compléte en vers ne devait paraitre qu'en 1806, celle de Frédéric de Stolberg; encore est-elle en vers simplement rythmés, trés proches de la prose. Mais un grand nombre d'essais avaient été faits depuis Denis pour rendre en vers élégiaques ou lyriques tel ou tel morceau particulièrement poétique: en 1777, en 1778, en 1780 par Kretschmann, en 1784 par Elwert, en 1786, en 1794 par Reiner, en 1799, en 1800 par Lilienfeld; et le mouvement devait continuer longtemps au XlXe siècle. Aux poèmes de . Macpherson s'ajoutaient ceux de Smith mis en vers par Chr. F. Weisse (1781), par F. L. W. Meyer (1792) et plus tard par Kosegarten (1801); ceux de A. Young, traduits par Pfaff (1792). Parmi' ces traductions partielles en vers, il en est qui offrent une importance particulière: ce sont celles de Herder qui figurent dans ses Chants populaires (1779). On sait quel est le but et le plan de 1'ouvrage: les poèmes ossianiques doivent figurer, pour Herder, parmi les monuments authentiques de la poésie naturelle, primitive, opposée a la poésie savante, a la poésie d'art. A ce titre, Herder insérait dans le second livre de Ia seconde partie, parue en 1779, trois morceaux: Ie Chant funèbre de Dar-thula, court fragment que peut-être Goethe lui avait fourni; Souvenir des chants d'autrefois; et un morceau beaucoup plus important, Apparition de Fillan, tous deux tirés du livre VII de Temora. Ces traductions sont en strophes de diverses longueurs et de divers mètres, rythmées et sans rime. J'ai dit ailleurs*) combien Herder élargit ambitieusement la notion de poésie populaire en appelant de ce nom des textes comme ceux-ci (même en supposant

1) Pour tout ce qui concerne l'ossianisme de Herder, la dissertation de R. Tombo doit être complétée par les nombreux détails épars dans le grand ouvrage de R. Haym, Herder nach seinem Leben und seinen Werken, Berlin, 1880-1885, 2 vol.

2) La mythologie et l'ancienne poésie scandinaves dans la littérature européenne au XVUle siècle, dans VEdda, Kristiania, années 1919 et 1920.

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