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La traduction compléte de Le Tourneur n'avait pas absolument fait cesser les essais isolés de rendre en vers ou même en prose tel ou tel morceau favori d'Ossian. Le doyen Bridel en 1782, Le Prévost d'Exmes en 1784, Restif de la Bretonne en 1785, la Nouvelle Bibliothèque des Romans en 1786, donnent des fragments ou des poèmes indépendamment de Le Tourneur. Quant aux traductions en vers, la plupart méritent plutót le nom d'imitations et nous les mentionnerons tout a 1'heure comme telles. Le comte de Clermont-Tonnerre traduit le premier chant de Fingal en 1786; Jean Lombard, a Berlin, traduit Carthon en 1789; le doyen Bridel, a Montreux, traduit Les Chants de Selma en 1782. Coupigny et Amaury Duval en 1794, M. J. Chénier en 1797, Miger en 1798, nous conduisent a Baour-Lormian, d'Arbaud-Jouques et Despinoy en 1801, Taillasson en 1802, Lebrun des Charmettes en 1803. Quoique ces versions nouvelles ne dérivent pas directement de celle de Le Tourneur, on peut admettre, et les dates paraissent prouver, que c'est Le Tourneur qui par le succès de sa traduction a donné le signal, puisqu'elles sont toutes postérieures a 1780.

Quatre tendances distinctes se font jour a travers cette masse énorme de traductions, si diverses d'étendue, de langue, de forme, de siyle et d'intentions.—Les uns, fidèles a 1'esprit qui animait les premiers Fragments erses de 1760, ne donnent que des morceaux détachés pu de courts poèmes, emploient une prose volontiers rythmée qui rend assez bien celle de Macpherson, et produisent ainsi, par le style abrupt et entrecoupé, par le ton passionné, par le caractère elliptique et souvent obscur de ces évocations mélancoliques, de ces invocations émues, de ces scènes rapides, de ces dialogues pathétiques, un effet lyrique ou élégiaque ou dramatique, mais surtout lyrique. Ainsi faisaient Turgot, Suard et Diderot, les premiers traducteurs allemands et suédois, 1'auteur des Contes et poésies erses de 1772, Goethe dans Werther. Ce fut la première manière de traduire Ossian, et c'était certainement la meilleure: on jouissait de toutes ses qualités et on évitait presque tous ses défauts. En effet, comme Grimm le disait et comme on 1'a répété depuis, c'est le poète lyrique en lui qui surtout méritait son succès. Chansons ecossaises, disait Diderot a MUe Volland. Une esquisse de paysage, un sentiment passionné, une plainte émue, le retour du poète sur lui-même, des réflexions mélancoliques sur la destinée humaine, voila des éléments essentiels du lyrisme, et voila ce qu'Ossian donnait, ainsi présenté,

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