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apostrophes au soleil, a la lune, a 1'étoile du soir, et les nombreuses corflparaisons empruntées aux astres. Cet élément des poèmes ossianiques a vivement frappé les imaginations: il a été trés souvent reproduit, et c'est un des principaux thèmes d'imitation. Monti, dans . ses poèmes de jeunesse, évoque la mort des étoiles. La Stockholms Post donne en 1780 une Ode au Soleil, traduite, ou plutöt imitée de la fin de Carthon, et qu'on attribue généralement a Kellgren, quoique d'autres la croient 1'ceuvre de Tengström ou de Clewberg. La poésie suédoise est particulièrement riche en odes ou en hymnes au soleil, souvent imités d'Ossian. LOde au Soleil est le premier morceau de ce genre: quatre strophes lyriques de dix vers. Comme dans tant d'autres imitations poétiques, la mélancolie rêveuse de 1'original y est remplacée par une ampleur éloquente qui est le ton de 1'ode, mais qui n'est pas celui d'Ossian. En 1771 paraissait en Allemagne un hymne en vers Au Soleil, aussi d'après Carthon, signé Opin. En France, un anonyme, puis M. J. Chénier s'exercent sur le même sujet en 1797. Miger, en 1796, donnait 1'une des premières traductions en vers francais de 1'apostrophe a 1'étoile du soir des Chants de Selma, et en 1804 paraissait son hymne au soleil:

La nuit a ton aspect a replié ses voiles; Devant toi disparait le peuple des étoiles; Et la lune, sans toi reine du firmament, Plonge son disque pale aux mers de 1'occident.

Vers cette époque d'ailleurs, de pareilles traductions partielles ou imitations se multiplient sous la plume de Baour-Lormian, de D'Arbaud-Jouques et autres. En Allemagne, oü 1'on rencontre moins de poésie sidérale, 1'imi. tation d'Ossian s'unit étroitement au genre bardique. Toute poésie d'inspiration germanique et soi-disant nationale emprunte pour s'exprimer, soit la forme de 1'ancienne poésie scandinave, soit, et beaucoup plus souvent, celle d'Ossian. Pour être a peu prés complet sur ce point, il faudrait faire toute 1'histoire du bardisme allemand au XVIIIe siècle i). M. Tombo cite particulièrement comme imitations directes d'Ossian en ce genre les nombreux Chants bardiques qui

i) Outre 1'ouvrage de M. Tombo, assez complet et développé surtout sur ce point, on peut consulter Eug. Ehrmann, Die Bardische Lyrüt im 18. Jahrhundert (Diss. Halle, 1892).

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